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15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 09:10

Jean-Pierre Digard est ethnologue et spécialiste de l'histoire de la domestication des animaux. Dans l'ouvrage La plus belle histoire des animaux (2000), il livre à Karine-Lou Matignon ses réfléxions sur les rapports que nous entretenons avec nos animaux familiers.

 

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Extraits (collection POINTS) 

p 135

L'homme humanise l'animal, l'animal perçoit l'homme comme un congénère, d'où ce pullulement de maîtres hystériques et d'animaux agressifs chez les vétérinaires. Anthropomorphiser un animal au point d'oublier sa vraie nature, c'est le dégrader et finalement lui témoigner bien peu de respect. On aime les animaux pour ce qu'ils ne sont pas ; donc, plus on les aime, moins on les connaît. En croyant bien faire, on les traite de manière inadaptée, ce qui revient à les maltraiter.

 

p 141

KLM -Pourquoi l'homme continue-t-il désespérément de chercher à s'entourer d'animaux ?

JPD - Plusieurs explications complémentaires doivent être invoquées : la nostalgie de la nature et la montée de la sensibilité écologiste ; une certaine nostalgie, aussi, des familles très nombreuses qui poussent à acquérir des animaux pour remplacer des enfants que l'on ne veut plus avoir en aussi grand nombre qu'auparavant ; enfin, et surtout, le recul de liens sociaux traditionnels, la fragilisation des liens professionnels, l'effacement des rôles familiaux, qui font que les humains modernes attachent de plus ne plus de valeur à la fidélité d'un chien ou à la liberté d'un chat. En d'autres termes, ce que nos contemporains aiment par-dessus tout dans leurs animaux de compagnie, c'est l'image d'êtres supérieurs, indispensables à la vie d'autrui, que ceux-ci leur renvoient d'eux-mêmes, comme par un effet de miroir, déformant peut-être mais flatteur.

 

 

Et vous, qu'en pensez-vous ?

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Published by Amandine Roulet
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commentaires

Cascabel 16/06/2011 13:20


Lorsque je vois Jean-Pierre Digard se féliciter du classement de la corrida dans une liste du patrimoine culturel j'en suis attristée. Que cet homme qui a écrit un ouvrage sur le cheval puisse ne
pas être indigné par le sort qui parfois les attend dans cette manifestation me laisse songeuse et indignée. Je crois que beaucoup d'animaux en tout cas apportent du réconfort à des personnes qui
ont besoin de tendresse et de compagnie. Il y a des excès dans l'affection (le chienchien à sa mémère qui lui achète des bijoux !) mais aussi des graves dérives dans les mauvais traitements (la
corrida, les galgos en Espagne et d'autres faits plus anecdotiques comme la ponette Destiny massacrée dans son pré - voir "Cheval Magazine". Je suis ancienne du CNRS (ingénieur d'études), je
m'étonne encore que monsieur Digard prenne des positions aussi choquantes. Je suis aussi propriétaire d'un anglo-arabe que j'ai monté pendant presque vingt ans, et quand je vois le sort de ces
pauvres chevaux de corrida, parfois éventrés par le taureau, ça me rend vraiment très amère et cela me met vraiment en colère.
J'ai écrit un article sur le cheval (site arts-up) et je pense que lorsqu'on étudie les animaux on doit les défendre, pas s'associer à la torture d'un taureau et à la mise en danger de chevaux.
C'est vraiment tout à fait lamentable.