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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 17:24

 article réalisé pour le magazine Animalinfos n° 11

 

Aujourd’hui encore, beaucoup de propriétaires de chats laissent leur femelle avoir une portée avant de les faire stériliser, alors qu’elles n’ont ni le désir ni le besoin d’avoir des chatons pour être bien dans leurs coussinets. De même, certains propriétaires de mâles estiment qu’ils n’ont pas à faire stériliser leur animal. Pourtant, aussi bien chez les mâles que chez les femelles, la stérilisation met souvent un terme aux principaux problèmes de comportement, en particulier si elle est effectuée tôt.

 

Les mâles

 

Les chats n’ont pas besoin de se reproduire pour s’épanouir. Par contre, les chats entiers qui n’ont pas accès à la reproduction vont être sujets aux frustrations : ils vont marquer par l’urine et par griffades aux endroits les plus stratégiques. Couloirs, portes d’entrée et bas de fenêtres ne seront pas épargnés ! Pour se reproduire, les chats qui ont accès à l’extérieur vont parcourir de longues distances et, en s’éloignant de leur territoire, la probabilité qu’ils se fassent écraser s’en voit augmenter. Ils sont également  plus enclins à se battre que leurs congénères castrés.

 

Les femelles
 

Les chattes, qu’elles soient libres ou d’appartement, vont user de toute leur voix pour alerter l’entourage qu’elles sont en chaleur. Elles se frottent excessivement aux jambes et au mobilier, se roulent sur le sol. Beaucoup d’entre elles urinent également sur les lits, les vêtements, le canapé. Toutes ces démonstrations cessent une fois qu’elles sont stérilisées. Pour autant, elles ne sont pas moins affectueuses.

 

De manière générale, les chats stérilisés ne voient pas leurs comportements « classiques » modifiés, mais ils sont plus constants. Alors n’hésitez plus et prenez rdv avec votre vétérinaire.

 

  

Amandine ROULET

Comportementaliste pour chats (Paris et Île de France)

www.chatvamal.fr

Toute reproduction interdite sans autorisation 

 

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Published by Amandine Roulet - dans Les "généraux"
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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 15:50

article réalisé pour le site internet www.rimaac.org


 
Le chat familier côtoie souvent des humains qui pensent bien le connaître mais le cloisonnent dans un environnement inadéquat, à l’origine de nombreux troubles du comportement. Nous avons une fâcheuse tendance à croire que l’autre pense et agit comme nous. Nous nous mettons donc à la place de nos chats pour choisir leur lieu d’élimination, nous décidons des endroits où il doivent faire leurs griffes sans se préoccuper de la pertinence des lieux que nous leur imposons, nous décidons de ce qui sent bon ou pas pour eux … Petite revue des contraintes les plus fréquentes.

 

Diffusion des odeurs et marquages visuels réduits ou interdits 

Nous essayons depuis longtemps de cacher nos odeurs. En effet, pour l’humain « sentir » rime souvent avec « sentir mauvais », en particulier en ce qui concerne les odeurs corporelles, qui sont systématiquement reliées à une mauvaise hygiène. Pourtant, de nombreuses études ont révélé que beaucoup de nos choix se font sur la base de la reconnaissance des odeurs : Gilbert et Roberge (2005) ont ainsi montré que les humains seraient plus olfactifs que visuels dans la sélection sexuelle. 

Pour le chat aussi, avoir accès à ses odeurs et à celles des autres est important pour communiquer, créer du lien social avec des congénères, s’apaiser, se sentir bien, se sentir mieux. Cependant, nous faisons tout pour que ses odeurs soient discrètes : litière préalablement parfumée, sable désodorisant à mélanger à la
  litière, bac à litière javellisé, nettoyé trop fréquemment, bac fremé …. En agissant ainsi, on neutralise le centre de communication du chat, ce qui peut l’amener à marquer à d’autres endroits.

Autre comportement naturel qui nous hérisse : les griffades. Nombreux sont pourtant les auteurs qui ont rappelé l’importance des griffades dans la communication du chat (Rochlitz, Schroll, Dehasse, Chapuis-Gagnon, Beaumont Graff & Massal). Mais, on ne fournit pas assez de substrats intéressants et judicieusement placés pour satisfaire les besoins naturels du chat et épargner notre mobilier. Schroll (2002) propose donc de multiplier les postes de griffades sans oublier les lieux clés comme les zones de passage, de jeux, et de donner au chat plusieurs types de supports : horizontaux, verticaux, moquettes, bois, sisal, carton… Il faut également que le poste de griffade soit suffisamment grand pour que le chat puisse s’étirer.


 

Accès à la nourriture réglementé

Beaucoup d’humains craignent que leur chat d’appartement grossisse et lui imposent un rationnement et une distribution des repas contraire à sa biologie. Bien que les spécialistes du comportement du chat conseillent une alimentation en libre service, pour ainsi respecter les 15 à 20 prises alimentaires quotidiennes  de nos félins domestiques (Bradshaw & Thorne, 1992), il n’est pas rare de constater que beaucoup de chats ne reçoivent que 2 repas par jour (un le matin et un le soir). Ces chats se jettent généralement sur leur gamelle quand arrive (enfin !) l’heure de nourrissage, ce qui conforte leurs humains : heureusement qu’il ne mange pas souvent, sinon il se goinfrerait en permanence. Au contraire, un chat qui dispose de nourriture en permanence va mieux se réguler et sera moins anxieux, donc moins pressé pour manger.

 

Cohabitation forcée avec un autre chat

Pour certains chats, avoir un compagnon de vie peut sensiblement améliorer les conditions de détention. A ce titre, Schubnel et Arpaillange (2008) ont montré que la présence de congénères semblait être un facteur protecteur de l’anxiété en milieu clos. Mais pour d’autres, imposer un ou plusieurs autres quadrupèdes peut rendre la vie bien difficile.


Rochlitz (2005) rapporte ainsi que la fréquence des troubles du comportement « augmente quand il y a 4 chats ou plus dans le foyer, et en particulier si les chats n’ont pas de lien de parenté ». Elle précise également que les propriétaires doivent être attentifs aux dynamiques sociales entre leurs chats et être prêts à chercher des conseils de professionnels si leur bien être est compromis.

 

Accès à l’extérieur réglementé ou interdit

Selon une étude de la Sofres (2002), 26 % des chats français vivent en appartement donc sortent rarement ou ne sortent pas du tout. Mais l’enfermement n’est pas imposé qu’aux chats urbains : l’étude de Schubnel et Arpaillange
  (2008) met en évidence que 12 % des chats de campagne sont également maintenus enfermés. Ce fait ne serait pas exclusivement français : Neville (2003) rapporte que le maintien à l’intérieur des chats augmente en Grande Bretagne et aux Etats-Unis, notamment à la campagne, les propriétaires souhaitant ainsi protéger leur animal des dangers extérieurs (voitures, bagarres avec des congénères, infestation de parasites,  empoisonnements, vols).

 

Un milieu de vie peu stimulant

Neville (2003) met en évidence le besoin de stimulations pour le chat, animal qui a évolué il y a 13 millions d’années et est arrivé au sommet de la chaîne alimentaire (carnivore obligatoire, chasseur solitaire) : « les chats ont réellement besoin d’avoir leurs sens stimulés pendant les heures d’éveil, et de pouvoir organiser les comportements qui accompagnent la détection, la poursuite et la capture des proies ». Or les chats qui n’ont pas accès à l’extérieur n’ont que très peu de stimulations la journée. Le manque de dépense d’énergie est connu pour être à l’origine de nombreuses frustrations que le chat évacue en agressant ses cohabitants ou en dégradant son environnement (en particulier par marquages urinaires te par griffades).


Rochlitz (2005) aborde également la question de la qualité de l’environnement extérieur : « (elle) est très importante pour les chats, dont les sens sont extrêmement développés. Ils passent beaucoup de temps à observer l’environnement proche de leur maison ». Il est donc important que les chats aient accès à ces stimulations externes. Mais en pratique, rares sont les chats qui peuvent s’installer devant les fenêtres pour de longues observations.

 

Démonstrations affectives humaines abondantes

Plusieurs études se sont intéressées aux relations entre l’animal de compagnie et l’humain, avec des résultats qui ne nous surprennent plus beaucoup aujourd’hui. Pour 99% des personnes sondées, le chien ou le chat de la maison est un membre de la famille à part entière. D’ailleurs, 97% leur parlent au moins une fois par jour (Voith, 1985). Les facteurs favorisant un grand attachement du bipède pour son quadrupède sont :

- être célibataire

- ne pas avoir d’enfant

- avoir besoin de soutien

 L’animal de compagnie est donc investit de divers rôles : on en fait le fils ou la fille que l’on ne peut pas avoir et que l’on va choyer, le confident qui ne porte pas de jugement sur nos actes, l’être vivant qui a besoin de nous pour manger, être en bonne santé et qui donc nous valorise et nous responsabilise. Dans une autre étude (O’Farrell & Neville, 1994), 90% des personnes interrogées pensent que leur animal est conscient de leurs humeurs. Ceci pourrait expliquer que beaucoup d’entre nous cherchent du réconfort auprès des animaux qui vivent avec nous et les sollicitent donc fréquemment. Ainsi, nombreux sont les chats que l’on réveille pour des séances de câlins imposées (les mêmes sont réprimandés s’ils se « rebellent » et tentent de faire cesser les caresses).


Un comportement commun du chat familier est aussi à l’initiative de beaucoup de débordements affectifs humains : lorsqu’il se frotte aux jambes ou vient se coucher près ou sur nous, nous sommes nombreux à traduire ce comportement comme une demande de caresses. Ainsi, au lieu de le comprendre comme un renforcement du lien social, on prend le chat au cou, on le caresse (souvent à l’excès), on le gratouille, bref, on l’agace !

 

Espace tridimensionnel inexploitable 

Le chat est un animal qui évolue dans les 3 dimensions de l’espace. Or il n’est pas rare que ce principe éthologique ne soit pas respecté. Pourtant, comme le souligne Schroll (2002), « chaque appartement peut être modifié pour permettre au chat d’avoir une meilleure vie de chat ». Rochlitz (2005) reprend d’ailleurs plusieurs propositions de Schroll pour enrichir l’environnement du chat : fixer un circuit pour chats à bases d’étagères, mettre des postes d’observation en hauteur près des fenêtres, suspendre des hamacs pour chats…

 

Toilettage

Les éleveurs ont sélectionné beaucoup de races à poils longs ou mi longs et ces chats sont entièrement dépendants de l’homme en ce qui concerne l’entretien de leur pelage. Si beaucoup sont habitués aux bains, séchages et brossages depuis leur plus jeune âge, d’autres n’y sont confrontés que tardivement, quand il y a « urgence » (poils difficiles à coiffer, bourres …) et le toilettage devient une expérience traumatisante. Certains chats sont même contraints d’être entièrement tondus, chez le vétérinaire et sous anesthésie générale.

 
 

Dérives esthétiques

Bien que relooker son chat soit moins répandu que transformer l’apparence de son chien, on trouve tout de même du vernis à griffes, des perruques pour chats, des teintures, des boucles d’oreilles aimantées …

 

 Le chat, qui a fait l’objet de nombreuses études, est le sujet de multiples ouvrages. Malgré l’intérêt qu’on lui porte, il reste un mystère et est souvent mal compris, bien qu’il vive à nos côtés depuis des millénaires. A voir la quantité d’information dont on dispose si l’on cherche des renseignements sur ses comportements, on trouve souvent des informations contradictoires, qui expliquent certainement pourquoi nous sommes nombreux à rencontrer des difficultés avec nos chats.

Les comportementalistes peuvent contribuer efficacement à une meilleure connaissance du chat, en expliquant qui est cet animal et en réactualisant régulièrement leurs savoirs. Bien comprendre l’être qui partage notre quotidien permet de mieux communiquer avec lui et de contribuer à son bien-être.

 

Amandine ROULET

Comportementaliste pour chats

www.chatvamal.fr

 

Toute reproduction interdite sans autorisation

 

 

Bibliographie :

 

  • Beaumont-Graff, E., Massal, N. 2007. Guide pratique du comportement du chat. Ed. Eyrolles.
  • Bradshaw, J.W.S., Thorne, C., 1992. Feeding behaviour. In: Thorne, C. Ed.), The Waltham Book of Dog and Cat Behaviour. Pergamon Press, Oxford, 115-129.
  • Dehasse, J., 2004. Tout sur la psychologie du chat. Odile Jacob, Paris.
  • Enquête FACCO/ TNS Sofres, 2006 : étude sur la place des animaux de compagnie en France- http://www.facco.fr/population_animal.htm
  • Gilbert, C., Roberge, V., 2005. Les odeurs corporelles humaines influencent le choix du partenaire selon le sexe et le cycle menstruel.  

              http://www.cstfelicien.qc.ca/Scinat/cyberexpojournal2005/w05b04.pdf.

  • Neville, P. F., 2003. An ethical viewpoint : the role of veterinarians and behaviourists in ensuring good husbandry for cats. J Feline Med Surg 6, 43-48.
  • O’Farrell, V., Neville, P., 1994, in: Ross, C. St. C. (Ed.), Manual of Feline Behaviour. Gloucestershire, UK. British Small Animal Veterinary Association.
  • Rochlitz, I., 2005. A review of the housing requirements of domestic cats (Felis silvestris catus) kept in the home. Applied Animal Behaviour Science 93, 97-109.
  • Schroll, S., 2002. Environmental enrichment for indoor cats as prevention and therapy-practical advice for quality of life. Proceedingss of the Companion Animal Behaviour Therapy Study Group, April 3, Birmingham, UK, pp. 43-45.
  • Schubnel, E., Arpaillange, C., 2008. Principaux troubles de comportement du chat confiné. Pratique médicale et chirurgicale de l’animal de compagnie 43, 63-70. 
  • Voith, V.L.,1985. Attachment of people to companion animals. Veterinary clinics of North America : Small Animal Practice 15, 289-295.
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Published by Amandine Roulet - dans Les "généraux"
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